
Aquitaine :

En
vingt-six tableaux regroupés autour de trois thèmes, ce recueil sonde aurores, brumes et espaces, tant extérieurs qu'intérieurs. Denses et raffinées, ces miniatures nous pénètrent jusqu'aux
jointures de l'âme. Pour Marie Laugery, la poésie
Délégation
d'Alsace
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Dans la forêt il y a un arbre
Très vieux, très grand et très beau
À la place des feuilles vertes
Il y a des feuilles de papier blanches
Sur ces feuilles on peut écrire
Tout ce qu’on a envie de dire
Ses émotions, ses joies et ses peines
Ses espoirs, tout ce que l’on aime
J’y ai accroché tous mes poèmes
J’y ai parlé de la beauté du printemps
De la neige en hiver, de la pluie et du vent
Ces feuilles sont lues par les passants
Et les promeneurs de cette forêt magnifique
Chacun peut y laisser sa trace poétique
À l’ombre de l’arbre en été
On peut se reposer et méditer
Ici tout n’est que calme et beauté
On n’est jamais seul et abandonné
Les oiseaux, les papillons, la poésie
Vous bercent et vous tiennent compagnie
En automne se lève un vent fort et frais
Il passe à travers les arbres de la forêt
Il détache de l’arbre les feuilles
Et les emmène au ciel qui les accueille
Tous les poèmes montent dans le firmament
Portés par le souffle puissant du vent
Pour y être lus par d’autres êtres vivants
Dans d’autres mondes aux éternels printemps
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Confiez-moi quelle a été, -qu’elle le soit toujours-, la source de votre désir, de votre passion à faire naître le
poème. Echangeons la parole intime dont se construit l’écriture, intime et si profonde, si transparente qu’il nous faut inventer un sens nouveau, celui qui fera traverser le moindre secret
jusqu’à la musique toute fraîche de notre esprit. Vous et moi, nous verrons s’élever vers le ciel ces fleurs au parfum étrange, aux couleurs si intenses, où notre âme se reconnaîtra. C’est là
que poésie, du grec poiein qui signifie créer, trouve sa chair, sa respiration, et notre être sa réalité. Désormais nous parlerons du soleil, de son énergie, simplement de la vie.
Laissez-moi vous rencontrer, revenir en vos paroles simples et si justes.Oui, j’ai moi-même tenté, lors de mon enfance, de faire surgir un petit arbre d’un noyau de pêche. Oui, j’ai planté dans
mon jardin du Kochersberg un noyer, tout jeune, pour célébrer la naissance de l’un de mes fils. Hélas, ce noyer, devenu adulte, succomba au souffle d’une tempête infernale. Vous voyez bien que
je partage votre affection pour l’arbre, l’arbre de vie, dont les racines sont aussi celles de notre esprit, et dont la couronne ressemble à l’élan de notre âme.
Conrad WINTER
Poète de Durningen - Kochersberg